jeudi 7 février 2019

6. Ressusciter avec son corps?




Ma foi me dit que le Christ reviendra. Alors tous les hommes, les femmes, les enfants qui seront encore en vie, et les défunts, ressusciteront avec leur corps. Le « Je crois en Dieu » appelle ça « la résurrection de la chair ». St Paul dit : « Celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts, rendra aussi la vie à vos corps mortels. » Rom 8/11. Cette certitude de notre résurrection, nous  la tenons  de la résurrection du Christ, nous l’avons déjà dit. Tout, absolument tout, part de là. St Paul, très net comme toujours, affirme : « Si le Christ n’est pas ressuscité, notre prédication ne rime à rien,  votre foi ne rime à rien ! » Cor 15/14. 
Nous ressusciterons corps et âme, c’est logique, car je suis à la fois pensée et sang, cœur et poumons,  corps et âme ! C’est tout cet ensemble qui va ressusciter. Allons plus loin : toute la création, les plantes et les bêtes, toutes ces belles choses pour la survie desquelles nous luttons avec les écolos, tout cela continuera, mais transfiguré.

Je vous entends déjà avec vos questions : « Comment cela se fera ? Et quand ? Et à quel âge je vais ressusciter ? » Ne faisons pas les malins, on n’en sait rien ! C’est le mystère de Dieu. Alors faisons-lui confiance. Encore une fois, mettons notre main devant la bouche, et disons comme ce savant dont j’ai oublié le nom : « Je sais que je ne sais pas. »…
            Libre à chacun de fantasmer sur ce que sera la vie après la vie. Un indien d’Amérique du Nord parlera des « chasses éternelles », où les bisons foisonneront à nouveau ; un musulman  aura une vision  encore plus croustillante… Je crois qu’il faut croire, c’est tout. Et je souscris volontiers à ce que disait le général du Barrail en 1873 : « Si vous ôtez aux soldats la croyance en une autre vie, vous n’avez pas le droit d’exiger d’eux le sacrifice de leur vie. »

Le grand large de la vie éternelle
Ceci dit, le plus important n’est pas là. L’important, le centre de notre résurrection, c’est que nous serons jugés sur l’amour. Comment avons-nous aimé maintenant ? Qu’avons-nous fait pour les autres, avec les autres ? Il faut relire le chapitre 25 de St Mathieu, versets 31 à 46, où Jésus nous propose une vue saisissante du Jugement final. Et voilà comment il conclut : « Tout ce que vous avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » Tout homme, je dis bien tout homme, chrétien ou pas, sera jugé sur l’amour. Alors on peut imaginer la vie éternelle comme un temps sans temps, un lieu sans lieu, où il n’y aura plus que l’amour. Voilà ce que nous croyons, et aussi ce que nous espérons : la résurrection d’un monde d’amour.

Cette série de méditations sur les fins dernières est presque terminée. Il est heureux que cela finisse sur le grand large de la vie éternelle, car ce sera le dernier et le plus beau cadeau que Dieu nous aura fait !


mardi 29 janvier 2019

5. Purgatoire.




Hannah  Arendt disait que les camps nazis, c’était l’enfer, et le goulag soviétique, le purgatoire. La comparaison est juste : on ne sortait du camp nazi que par la cheminée du four crématoire, tandis qu’au goulag, les gens subissaient une « purge » censée remettre les « coupables » dans l’orthodoxie du Parti, leur laissant ainsi l’espoir d’en sortir un jour, peut être … Le mot purge a donné purgatoire, non ? 

Dans l’idée de purgatoire, il y a en filigrane le souvenir des casseroles que nous avons traînées au long de notre vie : des fautes nombreuses, regrettées mais pas réparées, comme le voleur qui avoue son vol mais  n’a pas rendu ce qu’il a volé. Des rancœurs, des « dettes » comme dit le Notre Père, dettes non réglées, voire des vices bien incrustés. Toutes ces casseroles, même pardonnées à travers la mort du Christ, demandent purification avant que le défunt ne rejoigne les saints du ciel. D'où le pur-gatoire  

On a parlé de purgatoire à partir du 15ème siècle. Mais déjà au 5ème siècle, le grand pape St Grégoire parlait de « feu purificateur ». De plus, soyons logiques : si nous prions pour les morts, cela n’aurait aucun  sens s’ils étaient tous au ciel… ou en enfer !
On pourrait appeler le purgatoire un chantier en cours. Un temps qui dure où l’on fait la vérité sur sa vie passée, et un temps de libération. Je dis bien « un temps qui dure », car on ne s’accoutume à la pleine lumière que progressivement, comme la rétine du chauffeur sortant d’un tunnel ne se fait que peu à peu au jour extérieur. C’est là, dans la belle lumière du ciel, que Dieu nous attend ; alors on se fait propre avant de le rejoindre. En langage chrétien, on dit qu’il faut se purifier. Se purifier ? Encore un drôle de mot. Pensons très prosaïquement au bain de pieds avant de plonger dans le grand bain à la piscine, ou au sas de décompression des astronautes.

Tout cela pour dire que le purgatoire est dans la logique de Dieu et de l’homme ; c’est toujours une logique de pardon… Durant notre vie, nous utilisons toutes sortes de stratégies pour nous cacher à nous-mêmes nos faiblesses et nos tares. Cela fait partie de la comédie humaine. Au purgatoire, sous la lumière de Dieu, les faux-semblants ne seront plus possible … Cela fera mal, mais ce sera comme une piqûre qui sauve. Un peu comme une rééducation après un accident.

Reste l’espérance d’en sortir ! Comme disait le prophète Isaïe :
« Le peuple qui marchait dans les ténèbres, a vu une grande lumière.
Sur ceux qui habitaient le pays de l’ombre, une lumière a resplendi. » Isaïe 9/1

mercredi 16 janvier 2019

dimanche 13 janvier 2019

4. ce que nous appelons l'enfer.



Nous occidentaux, sommes bien carrés dans notre confort. Les immigrés nous troublent un peu, mais on s’y fait ! Alors, pouvons-nous imaginer ce que ces hommes, ces femmes, ces petits ont vécu, ce qu’ils ont vu, ce qu’ils ont traversé ? On  retrouve chez beaucoup les yeux immenses de ceux qui ont trop souffert. Ils ont vécu l’enfer, voilà tout.

On peut bien s’imaginer l’enfer : démons fourchus, flammes, cris désespérés…. En fait, c’est pire : il s’agit d’une séparation éternelle d’avec Dieu et d’avec les autres. Une solitude sans fond… Remarquons que chaque fois que nous cédons à la haine, que nous rejetons des autres, nous amorçons notre descente en enfer. Je ne dis pas ça pour faire peur, mais il faut appeler un chat un chat !

Dans la Bible, Satan a trente-six noms. L’un des principaux est le diable, dia-bolos, celui qui divise. Il a séparé Adam et Eve de Dieu, il est toujours à l’origine de la haine, de la guerre, de toutes ces figures actuelles de l’enfer. Le diable, c’est l’anti-amour.
Certains disent – je l’ai entendu – que l’enfer n’existe pas. En effet, disent-ils, comment le Dieu-Amour peut-il supporter que des gens aillent en enfer ? Ce serait un scandale, comme disait quelqu’un ! A ceux-là je dis : Dieu aime, oui, à la folie même. Mais il nous aime libres, car sans la liberté il n’y a pas d’amour. On dit que Dieu est tout-puissant. Peut-être… Et pourtant il ne peut rien contre notre liberté. Si quelqu’un décide de  s’enfermer dans le mal, ne supportant que lui-même, Dieu n’y peut rien. Cet homme est en train de construire son propre enfer. S’il meurt ainsi, le fossé entre lui et Dieu, entre lui et les autres, continuera. Il restera, ce fossé, par la volonté de celui-là, pas par une « punition » de Dieu !

C’est très important ce que je dis là. Il nous faut tenir d’une seule main  l’amour de Dieu et notre liberté, la puissance de Dieu et notre liberté… Bien sûr, il y a un tas de circonstances atténuantes. La haine peut venir d’une enfance malheureuse, l’égoïsme d’une trop grande pauvreté etc… Si bien que, du fond du cœur, je pense qu’il n’y a pas grand monde, sinon personne, en enfer. Mais si nous disons que l’homme est libre, alors il nous faut envisager l’enfer comme possible, c’est tout. Pas la peine de frissonner ! Tant que l’amour et la liberté seront frère et sœur, l’enfer possible existera.
Peut-être pouvons-nous conclure en montrant comment la séparation d’avec Dieu  peut-être diverse. Dans la vie d’ici-bas, elle est vécue souvent sans états d’âme, même si dans la pratique c’est aussi une séparation d’avec les autres. Mais en enfer, cette séparation sera vécue comme une souffrance éternelle.

Redisons-le : si je passe ma vie à élever des murs, à céder au racisme et à l’exclusion, en un mot à rejeter les autres, je construis mon propre enfer.