mercredi 4 mars 2020

A Marseille







            
Le portail du Parc Longchamp est ouvert…. Quand on le passe, on fait tout de suite un plongeon au cœur d’une cour de récré ! Ce parc, qui espère être un des poumons verts de la ville, fourmille d’enfants. Il y en a partout ! Les tout-petits, vaguement inquiets sur les chevaux de bois, même si le papa est à côté ; les gamins qui déboulent en trottinette, les étourdis tout à leurs jeux, qui se jettent dans vos jambes sans crier gare. Et les baby-sitters vaquant avec leurs poussettes, régnant sur trois ou quatre petits dûment tenus en laisse autour d’elles. Des joggeurs slaloment comme ils peuvent dans cette joyeuse pagaille ; et des poneys placides et poilus jusqu'en haut des yeux, baladent les petits, fiers sur leur monture mais pas trop rassurés quand même.
            Au plein du jour, le Parc prends des airs de Hyde Park avec les amoureux dans l’herbe et les pigeons qui vous frôlent pour arriver plus vite autour de la « mémé aux miettes ». Il y a aussi un mini terrain de foot pour les ados....Tout cela donne un air de vacances au quartier. Car pour beaucoup, Longchamp représente bien le weekend du pauvre… Nous ne sommes pas loin du quartier la Belle de Mai, dont le nom cache mal le délabrement.
            
           A raconter ce paysage un peu idyllique en plein Marseille, on en oublierait ces SDF qui établissent leurs quartiers dans les cages grillagées abritant autrefois  pygargues et autres grands rapaces. Ils y sont encore d’ailleurs, ces rapaces, mais en plastique vert ou jaune. Cela ne gêne pas les tout-petits qui, le nez sur le grillage, leur racontent leurs petits secrets.
            
            Quand on entend que j’habite à Marseille, bien des cheveux se dressent sur la tête : Marseille, la ville des règlements de compte, des immenses cités, de la saleté. Mais je réponds : oui, mais Marseille c’est aussi les rascasses sur le Vieux Port, les bistrots sonores reconnaissables aux voitures garées en double file. Ce sont les minots qui piquent une tête du haut des rochers, et c’est, peuchère, la douceur du parc Longchamp.

mardi 4 février 2020

7. à la rescousse!



       
           
            Au terme de ces réflexions sur la vie intérieure, je ne sais pas si c’est nous qui venons confirmer et appuyer quelques grandes voix, ou si ce sont elles qui viennent à notre aide ! Force est de constater que de plus en plus de gens se lèvent pour appeler à un autre genre de vie, à un autre modèle de société. Cela peut aller de la simple protestation sans vraies solutions autres que des manifs, à une réflexion bien construite, suggérant de vrais modèles, comme le fait le pape François dans son encyclique Laudato Si.
            Et puis, on trouve des voix moyennes, comme les manifestations de jeunes à la suite de cette jeune suédoise. Là, on est frappé par la jeunesse, la joie des manifestants, même si cela cache mal une véritable angoisse devant l’avenir.
            Un appel à contempler, un éloge de la lenteur, une invitation à plus de sobriété et moins de gaspillage. Une société autre, en somme. Mais tout cela risque de rester des vœux pieux, un accès de ferveur momentané comme l’acné juvénile, s’il n’y a pas en même temps un puissant effort de vie intérieure que seuls des hommes libres peuvent faire. Car il faut une véritable profondeur personnelle pour y arriver, tant sont fort les courants contraires prônés par la pub et la société de consommation.
            A cet effet, j’appelle à la rescousse ce croyant extraordinaire que fut Maurice Zundel. Mort en 1975, ce prêtre suisse n’arrêta pas de parler et d’écrire que la solution aux malheurs du monde – il parlait alors des guerres mondiales, nous parlons du réchauffement climatique – ne sera pas d’abord des plans et des restructurations, mais que cette solution se trouve d’abord en nous. Dieu est en nous, et nous appelle aux valeurs de Beauté, de Vérité, de sens des autres. C’est de là que partira la conversion du monde dont parle le pape.
            J’appelle encore à la rescousse  ces témoins de la vie intérieure que sont les moines et moniales parmi nous. Il y a des géants chez eux, des hommes et des femmes qui vivent à l’image du Christ vivant dans le Père, modèle de tous ceux qui essaient de trouver Dieu à l’intérieur d’eux-mêmes.
            A la suite de Zundel, ces réflexions nous appellent à entreprendre, ou à continuer le voyage intérieur vers… nous-mêmes !
            « Tout l’univers pourrait être parcouru par des engins spatiaux, ce ne serait rien à côté de ce voyage que nous avons à faire jusqu’à nous-mêmes…. Nous ne sommes pas entrés au cœur de notre propre intimité, et nous avons à faire ce voyage vers nous-mêmes. C’est ça la grande aventure. » M. Zundel, sermon 43.

vendredi 17 janvier 2020

6. Liberté intérieure




            Les efforts courageux des citoyens de Hong-Kong pour conserver leur autonomie, nous rappellent que la liberté n’a pas de prix, tant elle fait partie de l’homme debout. Sans la liberté, la prospérité n’est qu’une blague, un miroir aux alouettes. Mr Poutine et les dirigeants chinois sont en train de l’apprendre à leurs dépens.
            
              Mais il y a une autre liberté, plus haute, plus profonde que celle de notre devise nationale. C’est la liberté intérieure…La liberté intérieure !... De quoi s’agit-il ? J’aime bien le P. Varillon quand il dit : « La liberté n’est pas  faire ce qu’on veut, mais c’est vouloir ce qu’on fait. » En d’autres termes, être libre à l’intérieur, c’est prendre la responsabilité de ses actes. Les autres peuvent crier, ils peuvent m’obliger, mais ils ne peuvent entrer dans mon for intérieur, ils ne peuvent me voler ma liberté de conscience.
            La liberté intérieure, ce n’est pas de tout repos! Beaucoup préfèrent qu’on décide pour eux, beaucoup sont esclaves des événements, de l’opinion des autres. Quand Mr Trump fait tout pour sa réélection, ne me dites pas qu’il est un homme libre, malgré ses mines de matamore !... Dans Anna Karenine, Tolstoï raconte qu’on interroge un vieux bonhomme en haillons : « Et le tsar, le reconnais-tu ? » Et lui de répondre : « Pourquoi ne pas le reconnaître ? Il est son tsar et moi je suis mon tsar ! »… Un homme libre, je vous dis !
            
          Pour nous chrétiens, notre étoile de liberté intérieure, c’est le Christ. Lisez l’évangile sous cet angle, et vous verrez. Vers le milieu de l’évangile, tout et tous crient à Jésus : « Fais attention ! Cache-toi ! Ou fais un coup d’éclat ou un coup de tête ! » Mais ce n’est pas la tasse de thé de Jésus. Lui, nous dit St Luc, « durcit son visage » et partit pour Jérusalem, vers son destin. Jésus a intériorisé sa mission, il se sait responsable de notre salut. Alors il y va, en toute liberté. Rien ni personne ne l’arrêtera, pas même St Pierre que Jésus traite de Satan ! Jésus est la liberté infinie, qui est celle de l’amour.
            La liberté intérieure, ça s’apprend. La véritable éducation pour un papa, c’est de former ses enfants à prendre des initiatives et à devenir responsables. En clair, cela veut dire que les jeunes, surtout en entrant dans le secondaire, apprennent à analyser les situations, à acquérir un esprit critique qui leur fasse prendre la bonne distance devant  les effets de mode, les discours et les publicités.
            
            Pour finir, soulignons le lien étroit entre liberté intérieure et amour. Dans « Le rêve de Jérusalem », le cardinal Martini dit : « Si on nous donnait à choisir : voulons-nous des hommes qui ne peuvent faire aucun mal, des robots, ou voulons-nous des hommes libres qui aiment, qui peuvent dire oui ou non, ma réponse serait : je remercie Dieu pour la liberté avec tous les risques qui en font partie. »

mardi 31 décembre 2019

5. le sens des autres




            J’avais offert un bout de pain à un enfant de huit ans. Au lieu de cacher le pain pour aller le manger dans son coin, le petit, dès qu’il a reçu le morceau, a regardé autour de lui pour voir s’il y avait là un autre avec qui partager ! Tout jeune, ce gamin avait déjà ce que j’appelle «  le sens des autres. » !
            
          Ce sens des autres fait lui aussi partie de ta vie intérieure. Il s’agit d’aimer les autres,  non pas parce qu’ils sont sympas, mais parce que Dieu les aime. C’est en plein le sens de la parabole du Bon samaritain. Le samaritain n’a pas dit : « C’est un juif, je passe. » ou « Pouah il est plein de sang ! ». Non, il n’a vu qu’un blessé…  Pour aimer comme  ça, il faut une sacrée force de caractère. Mais si ta vie intérieure est intense, c’est là que tu puises la force d’aimer. Tu regardes le Christ qui a parlé à la Samaritaine et lavé ls pieds des apôtres, sous le regard lourd des gens , même de ses amis.
            
          Quand tu vis à la surface de toi-même, tu auras beau dire que tu aimes tout le monde, ça ne tient pas plus que des amours de plage. Oui, pour avoir le sens des autres, il faut se perdre de vue, ne pas tout ramener à soi. Sinon ce que nous faisons pour les autres devient une tartufferie ! Cléopâtre aimait Antoine, non pour ses beaux yeux, mais parce qu’elle savait que pour régner, il fallait mettre Rome de son côté !
            
            Dans le Monde du 21 juillet 2019, trois chercheurs avertissent : d’ici quelques décennies, nous serons obligés de changer de modèle économique et social. Obligés de sortir du tout profit et surtout de l’individualisme. Il faudra inventer une société plus conviviale ! Et nous voilà en plein dans notre propos ! Une société conviviale n’existe que pour des gens qui ont le sens des autres. Au fond de moi, je me découvre solidaire de tous. Pour retrouver le pape François  dans Laudato si n°91, je dis qu’acheter des croquettes pour mon chat c’est bien, mais si en même temps je n’ai pas un regard pour le réfugié à ma porte, il y a comme un défaut.
            
         La vie intérieure peut être un cocon, ou elle  peut être un tremplin. Loin d’enfermer l’homme sur lui-même,  elle peut au contraire l’ouvrir  sur les autres. Laudato si n°220 : « Pour le croyant, le monde ne se contemple pas de l’extérieur, mais de l’intérieur, en reconnaissant les liens par lesquels le Père nous a unis à tous les êtres. »
            Notre vie intérieure nous fait alors entrer en plein dans la société future, là où chacun ne pourra grandir qu’en se tournant vers les autres, comme le petit gamin de tout à l’heure.
            
           Ce que je dis sur le futur est peut-être une utopie ? Oui, mais c’est une belle utopie. Ce chemin pour imaginer le monde vu de l’intérieur, nous vient tout droit de Jésus-Christ.

mardi 17 décembre 2019

4. être vrai

  

            A cette époque où le mensonge devient trop souvent une méthode de gouvernement, où le populisme  consiste à dire, non pas la vérité, mais ce que les gens aiment entendre, il paraît nécessaire de marier le parler vrai au vivre en vérité . Que la parole vienne du cœur ou de la tête, peu importe, elle fait toujours partie de notre vie intérieure. L’homme intérieur aime la vérité, quel que soit le risque.
                   Car au fond, qui sont ceux que l’on appelle les « prisonniers d’opinion » ? N’est-ce pas ceux qui, à l’instar de Pierre et Paul déclarant au tribunal du Sanhédrin : « Nous ne pouvons pas nous taire », osent dire haut et fort ce qu’ils ont sur le cœur, moyennant quoi ils se retrouvent  en taule ? Cette expression « ils disent ce qu’ils ont sur le cœur » est juste. Autrement dit, leur parole vient de l’intérieur, et une force étrange, irrésistible, les pousse à la dire tout fort. Ce parler vrai est à leur honneur, dussent-ils le payer de leur liberté, et trop souvent de leur vie.
            Chez ceux qui cherchent la vérité, il y a comme un sixième sens qui leur fait sentir si tel homme public, ou tel prédicateur, parle vrai ou fait du théâtre !
            
            Pour nous chrétiens, nous devrions faire attention quand Jésus dit qu’il est la Vérité. Qu’est-ce que cela veut dire ?
1° en clair, cela veut dire que la Vérité est devenue quelqu’un. En bon français, on dit bien de quelqu’un qu’il est vrai. Cela veut dire qu’il est dans sa vérité d’homme, droit, digne, libre, que ce qu’il dit correspond à ce qu’il fait. On peut lui faire confiance. Jésus a été cet homme vrai : jamais il n’a dévié de sa mission, jamais il n’a reculé quand il s’agissait de défendre l’honneur de Dieu. Par exemple, chasser les vendeurs du Temple, il faut le faire !
2° Jésus nous révèle la vérité de Dieu. C’est le Dieu du lavement des pieds, du baiser au lépreux, de l’accueil des petits. Ce n’est ni le Dieu-gendarme, ni le Dieu vengeur de l’Ancien Testament. Voilà la vérité de Jésus : pas d’autre Dieu que le Dieu d’amour. Et d’avoir osé ce parler vrai sur Dieu, Jésus l’a payé très cher !

              Conclusion : je peux me poser deux questions regardant ma vie intérieure :
1° suis-je un homme, une femme « vrais », à qui l’on peut faire confiance ?
2° ai-je fait la vérité sur Dieu dans ma vie ? En suis-je resté au Dieu-gendarme qui punit et récompense, ou est-ce que je crois au Dieu d’amour tel que Jésus me l’a montré ? Avec ce Dieu d’amour, quand j’aime, je parle et j’agis « vrai ».


vendredi 29 novembre 2019

3. Beauté



            


            Voilà une chose, la beauté, qui remonte aujourd’hui à la surface des médias grâce à l’engouement pour l’écologie ! Le beau, le propre, le pur, toutes valeurs que nous découvrons après des années de consommation effrénée à l’américaine ! Nous découvrons que vivre sur une terre défigurée, sale, dans un désert d’oiseaux et d’insectes, ça ne va pas, ça ne va pas du tout ... Quand je remonte le boulevard de la Libération à Marseille, et que je passe au milieu de ces tags stupides couvrant murs et portes, ça me rend triste.
            Car la beauté fait partie de notre vie profonde. Que serait le monde s’il n’y avait personne pour l’admirer ? Dieu lui-même, nous dit la genèse, après avoir créé le monde, s’est assis dans son atelier et « il vit que cela était bon ».
            Allons plus loin. La beauté fait partie de nous-mêmes. L’émotion devant un vol de flamants comme devant une statue africaine au musée Dapper, cela fait partie de notre vie intérieure. Et l’émotion est encore plus forte quand elle est partagée ! Devant un coucher de soleil rouge sur les montagnes du Nigéria, un gamin de 12 ans m’avait attrapé par la manche : « Regarde comme c’est beau ! »… J’étais ému autant par le petit que par le soleil ! Le rouge du ciel nous atteignait tous  deux au plus profond de nous-mêmes.
            Je crois que, de plus en plus, nous les chrétiens, nous avons un message de beauté à porter au monde. Aider un autre à admirer, c’est l’aider à sortir de lui-même et à se dire que la vie, au fond, c’est bon et c’est beau… Avez-vous déjà fait l’expérience de regarder les gens au sortir d’un beau film ou d’un beau concert ? Il y a comme une lumière dans les regards ; ils ont tous communié au même enchantement… et ils repartent en se sentant meilleurs !
            Cette beauté, elle vit à l’intérieur de chacun. Marie-Madeleine Davy disait en citant St Augustin : «  Je dis aux étoiles : « Parlez-moi de Dieu ! ». Dans ma contemplation je les interrogeais, et leur réponse c’était leur beauté. » … Notons que celui qui vit en surface, à 100 à l’heure, est peu sensible à la beauté. Il n’en a pas le temps ! Or pour admirer, pour que la beauté atteigne ton cœur, tu dois t’arrêter et contempler. J’ai été souvent frappé par les petits bergers du Cameroun. Du haut de leur rocher,  à quoi rêvent-ils, les yeux emplis de la nature somptueuse qui les entoure ? Ils contemplent, sans même en avoir conscience.
            Entrons dans le franc réalisme du pape François avec son encyclique Laudato si : « Quand quelqu’un n’apprend pas à s’arrêter pour observer et pour évaluer ce qui est beau, il n’est pas étonnant que tout devienne pour lui objet d’usage et d’abus sans scrupule » (n°215)
            Et, pour ne pas rester en mode négatif, le pape ajoute dans un bel élan poétique, au n°84 : « Le sol, l’eau, les montagnes sont des caresses de Dieu » .



jeudi 14 novembre 2019

2. Conscience


« L'œil était dans la tombe, et regardait Caïn. » Dans ce poème sombre et terrible, Victor Hugo s’inspire du livre de la Genèse pour décrire les affres de Caïn après son crime. Et il intitule cela « La conscience ». .. La conscience de Caïn le poursuit, le taraude, l’enferme. Où qu’il aille. Mr Hugo appelle cela « l’œil de Dieu »
Même si l’image que se fait de Dieu Victor Hugo est contestable, il reste que la conscience est bien  cette voix, cette mémoire qui est toujours là en nous, et qui nous interpelle, rudement parfois. Rien de terrible là-dedans ! La conscience est une voix à la fois amicale et insistante qui habite tout homme, croyant ou pas.

Elle est là, bon… Mais qu’en faisons-nous, de cette conscience au fond de nous-mêmes. ? On peut l’occulter, se boucher les oreilles, s’étourdir pour ne pas l’entendre ; on peut même devenir « sans foi ni loi ». Je me souviens de cet ouvrier parisien qui, très sereinement, se vantait de ses conquêtes, et ce devant sa femme. Pour lui, l’infidélité était devenue quasi-normale. Et quand d’aventure il réfléchissait, cela se terminait toujours par le stupide et banal : « Tout le monde fait comme ça. »


Parler de la conscience aujourd’hui, c’est important. Notre conscience anime notre vie intérieure, elle est notre fierté. C’est là qu’est notre liberté. Tout homme comprend ce qu’écrit Hetty Hillesum: « On peut nous rendre la vie impossible (les nazis en l’occurrence), nous dépouiller, nous enlever notre liberté de mouvement, mais on ne peut rien nous faire, vraiment rien ! Je me sens libre. »… Non, rien ni personne ne peut atteindre notre conscience.
          Tant il est vrai que tout papa, toute maman qui veut vraiment éduquer ses enfants à la liberté de  l’âge adulte – si tant est que toute éducation est un apprentissage de la liberté – tout parent donc, sait que son plus beau travail sera la formation de la conscience des petits.
            
        Ça va loin,  ça va très loin. Je le répète : notre conscience, rien ni personne ne peut nous l’enlever ou faire comme si elle n’existait pas. Nous autres chrétiens, nous ne cesserons jamais de crier aux oreilles des dictateurs de tout poil : « Vous pouvez nous brimer, nous enfermer, vous n’aurez pas notre liberté de conscience. » C’est facile à dire ici en France où cette liberté est respectée, mais pensons à ceux et celles qui croupissent en prison encore aujourd’hui, pour avoir osé revendiquer cette liberté.
           En Afrique, en Amérique Latine, le missionnaire emploie souvent le mot un peu barbare de « conscientisation ». Il s’agit d’aider les gens à prendre conscience de leur situation de soumission (aux grands, à la pauvreté, …au destin), pour qu’ils prennent leur vie en mains et se sortent eux-mêmes de leur mentalité d’esclave.
            
         Ici chez nous, ce n’est pas de la soumission aux grands dont il faut se sortir, mais  d’une mentalité d’irresponsables, de béni-oui-oui et d’inconscients qui nous empêche d’être des hommes dignes de ce nom.