samedi 1 octobre 2011

lubéron 2011


pour les revenants?
Ce n'est pas net. C'était marqué: "réservé aux usagers du cimetière!"

vendredi 9 septembre 2011

Intégration ou développement séparé?


Quand un étranger arrive à Maïduguri (Nord-Nigéria), on lui demande tout de suite s'il est chrétien, musulman, ou "rien"? Et suivant sa réponse, on l'enverra dans tel ou tel quartier de la ville.
Car le Nigéria vit encore à l'heure anglaise, où le "développement séparé" des différentes communautés, ehtniques ou religieuses, est de règle. Apparemment, il en serait de même dans les grandes villes d'Outre-Manche. A l'inverse de la manière française, qui a opté pour l'intégration des immigrés (en principe!).
Le développement séparé a peut-être des avantages, mais on constate que les inconvénients sont graves. Le cloisonnement entraîne l'ignorance mutuelle, les soupçons, la haine même, issue des incompréhensions. Et cela finit par des violences innommables, comme à Jos (Nogéria), où chrétiens et musulmans, encouragés par leurs extrémistes comme les Maïtatsin ou leur avatar récent, les Boko Haram, s'entretuent avec application.
En ces temps où l'Eglise est tentée par le repliement identitaire, l'exemple anglais doit nous faire réfléchir. Il me semble que la Mission obéit à un double mouvement dans le temps. D'abord un temps de repli, de séparation du monde, où l'on prend conscience de ce que l'on est. On éprouve une fierté, des convictions s'affirment. On acquiert une solidité intérieure en s'astreignant à de bonnes études théologiques et bibliques, plus une formation spirituelle.
Oui, bon. Mais vient un moment où il faut sortir. On devient un chrétien-pour-les-autres, ce qui est une tautologie! Mais pour TOUS les autres, chrétiens ou pas. Alors là, il faut oublier tout ce qu'on a appris pour se mettre à écouter le monde. Pas pour le convertir, mais d'abord pour le regarder vivre, connaître ses rêves, ses amours. Il s'agit d'intégrer (le mot est lâché!) ce que vivent les autres et essayer de découvrir leur part de vérité.
Sinon, tu restes enfermé dans tes dogmes, ta liturgie et tes chrétiens bien chrétiens. Comment te plaindre ensuite si l'Eglise devient inaudible pour le monde?
Oui, en vérité, l'intégration vaut mieux que le développement séparé.

vendredi 15 juillet 2011

Rien sans peine


La directrice du lycée Montaigne a regardé Laurence, et puis, sans ambages, elle lui a sorti :"Laurence, si tu veux réussir ta Prépa, il te faudra travailler beaucoup, beaucoup. Ici, on travaille beaucoup!" Alors Laurence de glisser :"Quand même, j'aimerais bien revenir chaque week-end à la maison."... Ses parents n'ont rien dit, tout en pensant :"Elle verra bien, mais rien n'est moins sûr, vu les horizons radieux prédits par la directrice."

Me voilà plongé encore dans des abîmes de réflexion. On dit que notre siècle est celui de la facilité, du presse-bouton, du clic clin d'oeil, du prêt-à-porter, alors? Apparemment la bonne directrice marche à reculons, à l'image de mes ancêtres dont la devise était "Rien sans peine". C'était un peu terre à terre, mais au fond, n'avaient-ils pas raison?
Disons-le, non, la dame ne marche pas à reculons. Avec son "travailler beaucoup", elle est en plein dans le vrai de l'homme. En invitant Laurence à travailler dur, elle la prépare à entrer dans un monde qui ne fait pas trop de place aux rêveurs et aux poètes, un monde qui oblige chacun à bâtir sa vie.
Dès lors, comment vivre dans ce monde dur tout en gardant sa tendresse pour les petits et les pauvres? Comment devenir compétent tout en comprenant ceux qui le sont moins? Et comment espérer y arriver sans sacrifier quelques week-end, et sans envisager quelques nuits blanches ponctuées de Nescafé?
Autant de questions qui se posent aux jeunes d'aujourdhui, chrétiens ou pas. Ce sont de belles questions auxquelles tous sont tenus de répondre, tout comme nos anciens ont fait.

samedi 25 juin 2011

J'ai perdu 29.5 euros

... en achetant le livre de Mr Guy Ernest Sanga sur le Cardinal Tumi (L'Harmattan déc.2010), archévêque émérite de Douala au Cameroun... Ne parlons pas du style et de l'orthographe, qui passeraient difficilement au Certificat d'Etudes. Pour un diplomate bardé de titres, c'est assez curieux.
Non, il s'agit de ce que le cardinal aurait dit sur les missionnaires, en particulier ceux du diocèse de Yagoua au Nord-Cameroun, diocèse dont il fut l'évêque en 1980. Yagoua est le diocèse-frère de son voisin Maroua, où j'ai été pasteur pendant 37 ans. Nos pastorales étaient souvent les mêmes. Or le cardinal fait complètement l'impasse sur le travail missionnaire avant lui, sur la croissance des communautés chrétiennes, sur le travail pour le Développement etc... D'où des déclarations ahurissantes telles celles de la page 76 :"Les missionnaires, qui sont de braves gens (ben oui, quand même!), ont trop usé et abusé de faire croire aux populations que la pauvreté est bien." Ou bien, page 77 :"J'ai pu déceler une tactique remarquablement élaborée, pour maintenir les chrétiens dans un état de servitude du silence (colonialistes, va!)"

Je connais assez le cardinal Tumi pour douter que ces déclarations soient de lui. Je crois plutôt qu'il s'est fait piéger par ce journaliste-diplomate.

Toujours est-il qu'apparemment, pour le cardinal, il s'agisse surtout de suivre scrupuleusement la liturgie "romaine", et de construire de grandes églises pour être chrétien. Moyennant quoi, les seuls missionnaires qui "passent" pour lui, ce sont les polonais qui suivent la liturgie à la lettre, et les italiens, excellents constructeurs d'églises, avec des fonds italiens bien sûr. Grâce à Dieu, ils ne font pas que cela! Mais je prétends qu'une aire sacrée couverte de 800 bottes de paille apportées par les communautés locales, comme à Guili, a infiniment plus de valeur évangélique qu'une belle église financée par l'étranger. Ce que Baba Simon Mpéké avait compris, le cardinal semble l'ignorer.
J'arrête là, ayant le coeur trop lourd pour continuer. Et je garde toute mon admiration pour le courage politique de Mgr Tumi, courage dont je fus témoin. Mais je me demande :"Pourquoi tant de prélats sont si actifs à dénoncer les tares des Etats et des sociétés à l'extérieur de l'Eglise, et si "Touche-pas-à-mon-Eglise" à l'intérieur?"

samedi 11 juin 2011

Engagements

Je reviens d'une cousinade, tout heureux d'avoir retrouvé la famille dans une ambiance excellente.
En causant, j'ai été frappé par le nombre et la qualité des engagements pris par les uns et les autres, maintenant qu'ils sont à la retraite. C'est vrai: la retraite permet une plus grande liberté et un bénévolat sérieux. Cela va de la gestion d'un centre pour handicapés à la prise en mains des finances de la paroisse, en passant par la gestion informatique d'un diocèse, une association pour diabétiques etc...
Les enfants suivent-ils les engagements des parents? Pas tous bien sûr, mais les cas où toute la famille s'engage ne sont pas rares! Bien des jeunes s'y mettent, avec le soutien discret des aînés. C'est important ce soutien, et il y faut pas mal de sens pédagogique.
Témoin ce cousin qui, partant en vacances avec sa femme et ses deux filles, demande aux enfants ce que devient leur groupe. Car elles ont lancé une petite structure d'entr'aide.
Réaction des filles :"On n'a plus envie! Toujours des jalousies, les autres n'écoutent pas etc. Alors on laisse tomber!" Le papa encaisse sans rien dire, mais au premier rond-point - qu'on appelle vire-couillon dans le Midi - il fait demi-tour. Les filles s'étonnent. Alors le père :"J'ai plus envie de partir. C'est trop loin, j'ai trop chaud, j'ai du boulot. Alors on rentre!"
La leçon a porté, et les filles ont persévéré dans leur engagement.

jeudi 26 mai 2011

Se mettre dans la peau de l'autre

Lu dans "En Avant", le journal des communautés chrétiennes du diocèse de Maroua (Nord-Cameroun):


Pour mieux organiser notre travail:

On ne peut réussir que si on s'organise. Si nous voulons produire pour vendre, nous devons penser à beaucoup de choses... D'abord voir si je produis assez pour nourrir ma famille. Il ne sert à rien de produire pour vendre si ma famille manque de nourriture.

Les moyens de vendre:

- est-ce que j'aurai des clients? Comment peuvent-ils me payer: par sac, par tas, par kilo? A quel moment je peux vendre? Quelle quantité je peux produire pour vendre? Les routes sont-elles bonnes pour évacuer ce que je vais produire?

Les moyens techniques:

-est-ce que je sais bien cultiver pour récolter assez? Est-ce que j'ai tout ce qu'il faut pour bien cultiver? Est-ce que le climat permet cette culture?

Les moyens financiers (en argent)

- est-ce que j'ai assez pour payer la semence? Quelles dépenses devrai-je faire?

Les moyens humains: ma famille a-t-elle la force et le courage de travailler plus (force, santé, temps)?


Après avoir réfléchi à tout cela, on voit ce qu'on peut faire.


Andwatar Victor et son groupe


A première vue, on se demande ce que vient faire cet article style Valeurs Actuelles dans une catholique publication! Dans une revue technique, peut-être; mais ici...


Non mais, attendez! Vous êtes-vous déjà mis dans la peau d'un paysan camerounais? Depuis qu'il est petit, ce garçon voit la sécheresse ou la rosette des arachides abîmer ses cultures, il est sans cesse en butte aux commerçants qui faussent les balances et aux fonctionnaires rapaces qui s'en donnent à coeur-joie sur le dos des petits, des paysans en l'occurence. Les bras lui en tombent, à ce garçon; à la longue, il devient fataliste.


Or voilà que quelqu'un s'interesse à lui, prend son travail au sérieux, fait tout pour que cet homme se mette debout et trouve fierté et sécurité dans son métier! Au vrai, l'article est signé, non par un expert, mais par une groupe de jeunes cultivateurs du pays. Des jeunes qui redonnent courage et espérance à leur propre terroir.


Alors pensons: se mettre debout, n'est-ce pas là un langage de Résurrection?



mercredi 11 mai 2011

ça fait plaisir!

Après les révolutionnaires du Maghreb, l'Eglise, à son tour, a les yeux de Chimène pour les blogueurs. Ce n'est pas encore une béatification, mais voyez le texte suivant, il fait plaisir:

Le lundi 2 mai, au Vatican, le Conseil pontifical pour la culture et le Conseil pour les communications sociales ont organisé une première rencontre entre les responsables du St Siège et des blogueurs venus du monde entier. Ceux-ci ont invité l'Eglise à oser davantage et à ne pas avoir peur des débats.
Le P. Lombardi, directeur du Bureau de Presse du St Siège, a quant à lui indiqué l'un des aspects importants des blogs pour la communauté chrétienne: "Les blogueurs catholiques sont l'opinion publique dans l'Eglise. Le magistère conciliaire prévoyait cette réalité, mais elle n'a pas été tellement développée." Avec les blogs, le P. Lombardi voit maintenant émerger cette opinion publique.
Un point a prédominé dans les discussions: la naissance d'un nouveau type de présence pastorale sur Internet, à tel point que la figure du "webpasteur" s'impose aujourd'hui. Ceci a été clairement énoncé par un des participants :"Si le Christ venait prêcher aujourd'hui, il n'irait pas sur une montagne ou dans une barque, mais il serait sur Twitter ou ouvrirait un blog. L'Eglise officielle ne peut pas le dire (?), mais nous, catholiques membres de cette communauté et de cette Eglise, nous osons le dire."

En lisant cela, je plonge dans des réflexions insondables...